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Le point de vue des enfants dans les séparations parentales : vécus et stratégies d’adaptation
Jean Poucet

Focus

Le point de vue des enfants dans les séparations parentales : vécus et stratégies d’adaptation

Une recherche menée auprès de 40 jeunes entre 12 et 25 ans. Son but : élaborer des recommandations à destinations des professionnels, des acteurs institutionnels et associatifs et des décideurs publics afin de mieux accompagner les jeunes au cours de cette période de leur vie

L’objet de cette recherche commanditée par l’OEJAJ aura été le recueil de témoignages d’enfants et de jeunes sur: 

  • les aspects du processus de séparation parentale qui leur ont posé problème ;
  • les mécanismes (et les stratégies) d’adaptation à ce processus qu’ils ont mis en œuvre ;
  • les facteurs qui les ont aidés dans ces stratégies d’adaptation ;
  • les facteurs qui ont fait obstacle au rétablissement d’un état de bien-être chez eux.

Le résultat final attendu étant une meilleure compréhension de ces différents aspects de la problématique dans le but d’élaborer des recommandations à destinations des professionnels, des acteurs institutionnels et associatifs et des décideurs publics afin de mieux accompagner et soutenir les jeunes au cours de cette période de transition. Il s’agissait de considérer les enfants et les jeunes comme des experts de leur vécu. La recherche a été confiée à l’équipe du professeur Stéphan Hendrick-responsable du Service de psychologie clinique systémique et psychodynamique de l’Université de Mons-Hainaut.  

La méthodologie de la recherche

La collecte des données s’est déroulée de mars 2015 à décembre 2015. Les jeunes ont été contactés à l’aide de diverses mesures de prospection dont le contact avec des institutions telles que AMO, Service de Santé Mentale, SAJ, SPJ, etc., des appels aux étudiants, un folder, etc.

40 jeunes entre 12 et 25 ans ont été rencontrés pour cette étude lors d’entretiens d’une à deux heures. Leurs récits s’articulaient autour du moment de l’annonce de la séparation de leurs parents (avant, pendant, après).

Quelques résultats clé

Certains moments apparaissent comme particulièrement sensibles dans le processus de séparation comme le moment de l’annonce de la séparation. Suivie d’un départ immédiat d’un parent, elle perturbe grandement les enfants. 

Un deuxième cap important est celui de la recomposition familiale : son timing, l’attitude de l’autre parent par rapport à la recomposition de son ex-conjoint, l’amplitude des adaptations demandées aux enfants sont des facteurs déterminants pour le bon passage de ce cap.  

En ce qui concerne les supports recherchés ou trouvés par les jeunes pendant la séparation et dans la période lui succédant, la famille élargie et les amis proches apparaissent en tête. Mais les professionnels (professeurs, psychologues, etc.) ou les activités extrascolaires sont également évoqués par les jeunes. 

Les chercheurs ont analysé les stratégies d’adaptation des jeunes pendant et après la séparation des parents. Généralement, plus les difficultés sont importantes, plus ils déploient de stratégies différentes. Ainsi, une stratégie se révèle « adaptée » lorsqu’elle contribue au bien-être, au sentiment de maîtrise de soi et lorsqu’elle permet au jeune de protéger son intégrité physique et psychologique à moindre coût. On dira par contre qu’une stratégie est inadaptée lorsqu’elle gêne le développement psychologique du jeune et qu’elle altère profondément sa qualité de vie.

Au rang des stratégies adaptées, citons par exemple la capacité du jeune à préserver sa place d’enfant, ses efforts afin de contribuer à une ambiance familiale chaleureuse ou encore la prise en charge, flexible, de certains rôles (par exemple reprendre des tâches spécifiques assumées auparavant par un des parents). Mais si ces rôles se figent et deviennent trop lourds, ils deviennent négatifs pour le jeune (par exemple s’il devient le « parent » de ses frères et sœurs ou de son parent en détresse). 

La faculté à exprimer son ressenti, et à mettre des mots sur ce qui arrive est aussi un élément de résilience important. 

Certaines stratégies, moins souhaitables, sont appropriées dans un contexte précis. Les stratégies d’évitement par exemple. Elles permettent en effet aux jeunes de se protéger momentanément (par exemple, en dissimulant leur vécu ou en fuyant, par la pensée ou en sortant avec des amis afin de s’extraire de la vie de famille lorsque le climat devient trop lourd).

Mais ces mêmes comportements d’évitement qui peuvent protéger à court terme risquent aussi de favoriser le repli sur soi à plus long terme. 

Par ailleurs, certaines stratégies sont en soi inadaptées. Celles-ci visent souvent à protéger autrui au détriment de sa propre personne. Par exemple : détourner la violence sur soi, prendre un rôle actif dans les triangulations, dénier la réalité. In fine, ces stratégies sont négatives pour le bien-être du jeune.

Lire le rapport complet de la recherche 

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