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Marché du livre : les chiffres clés du secteur

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Marché du livre : les chiffres clés du secteur

Mis à part une légère hausse observée en 2015, le marché du livre de langue française en Belgique poursuit sa décroissance depuis 2010. En 2016, il s'élevait à 240 millions €, soit une diminution de 2,3% par rapport à 2015.

1.    Production et marché du livre imprimé

Le revenu global des éditeurs belges de langue française pour les livres imprimés est en baisse depuis plusieurs années. Il est passé de 141,86 millions € en 2013 à 128,95 millions en 2016.

Quant au marché du livre imprimé en langue française en Belgique, mise à part une légère hausse en 2015 (245,7 millions €), il poursuit sa décroissance depuis 2010 (264,3 millions €) et présente en 2016 un chiffre d’affaires total de 240 millions €.

Ces deux niveaux de statistiques rappellent la distinction qui existe entre la production de nos éditeurs et le marché intérieur belge du livre francophone. Celui-ci repose en effet à 74 % sur l’importation d’ouvrages étrangers (essentiellement français). Les éditeurs belges occupant la part restante du marché (26%). Cette importation a tendance à croître d’année en année : elle était en 2010 de 69,1 %.

Ces importations, massivement françaises, sont à plus de 50 % marquées par ce qui est appelé le mark up ou encore de manière inappropriée la tabelle, soit une pratique organisée par certaines filiales des distributeurs français et contraignant les librairies belges à vendre une part non négligeable des livres importés de France environ 12 à 15 % plus cher que sur le marché français. Cette situation désavantageuse pour le marché du livre francophone en Belgique devrait être régulée par un décret de la Communauté française qui fixerait les limites des variations de prix (à la hausse comme à la baisse) en pourcentage. Ce décret devrait entrer en vigueur courant 2018.
 
Les exportations de livres en langue française de maisons d’éditions belges francophones (cessions de droits comprises) représentent près de 60,4 % des 128,95 millions €de chiffre d’affaires réalisé par ces éditeurs. Ces chiffres importants à l’export s’expliquent, entre autres, par la production des éditeurs de BD qui représente 53,7 % (contre 56,79 en 2015) de l’ensemble de notre production. Leurs exportations (57,42 millions €) représentent 85,43 % de leurs revenus.  

Sur le marché intérieur, trois canaux de commercialisation du livre imprimé voient leurs chiffres augmenter :
- les librairies indépendantes de 1er niveau générales ou spécialisées (hors librairies succursalistes qui fonctionnent en achats centralisés) : 28,8 % soit une augmentation par rapport à 2015 de 2,8% ;
- les librairies de 2ème niveau : 9,4% soit une augmentation de 6,9 % ;
- les clubs de livre : 8,2% soit une augmentation de 1,8 %.

Avec ses 28,8%, le réseau des librairies indépendantes de 1er niveau reste donc le premier canal de commercialisation de livres imprimés.

Le prix du panier moyen pour l’achat de livres imprimés en librairie était de 29,03 € en 2016,  soit une augmentation de 0,63 € par rapport à 2015 qui dépasse l’augmentation liée à l’inflation.

2.    Production et marché du livre numérique

Contrairement à la production du livre imprimé qui régresse tant en chiffre d’affaires (voir point 1) qu’en nombre de titres parus (3.015 nouveautés et nouvelles éditions en 2016 soit -20,57 %) ou d’exemplaires vendus dans le marché intérieur comme à l’export (19.171.106 exemplaires en 2016 contre 19.815.717 en 2015 soit une diminution de 3.25%) le chiffre d’affaires réalisé par nos éditeurs avec la vente de contenus dématérialisés en langue française augmente : + 2.61% soit en 2016 12,24% du chiffre d’affaires total. A noter que cette augmentation est encore plus forte si l’on considère le chiffre d’affaires de la production en néerlandais de ces mêmes éditeurs (+12,02%).

Ce sont les contenus scientifiques, techniques et de sciences humaines qui ont connu l’augmentions la plus importantes en 2016 (+29,74%). Ils représentent 56,14 millions € sur les 59,99 millions € de chiffres d’affaires de la production numérique globale (toutes langues confondues, production offline et online dont les bases de données). Les ventes d’accès à des bases de contenus numériques représentent la majeure partie de ces revenus.

La production annuelle de livres numériques en langue française par nos éditeurs a été de 2.814 titres. Ce chiffre couvre entre autres la rétronumérisation de livres présents jusque-là uniquement en version papier dans les catalogues des éditeurs francophones belges.

Du côté des lecteurs, on peut dire que près de 5 sur 10 lisent en numériques (48% contre 47% en 2015).  Parmi ces lecteurs numériques :
- seuls 5% déclarent lire des livres exclusivement sur support numérique ;
- 31 % déclarent télécharger des fichiers ePub (contre 22% en 2015);
- 8% déclarent télécharger des livres audio.

3.    Les bibliothèques publiques au cœur de l’action territoriale (statistiques de 2015)

Avec leurs 11.641.755 documents disponibles, les 500 bibliothèques en réseau desservent les publics wallon et bruxellois.  

Si le public des usagers individuels est en légère décroissance (437.026 contre 451.185 en 2014),  le nombre de collectivités ayant recours aux services de lecture publique est en croissance (18.093 collectivités contre 17.030 en 2014). Le nombre total d’usagers s’élève à plus de 795.000 lecteurs pour une population globale en FWB estimée à 4,5 millions d’habitants.

Le nombre de prêts est en diminution (9.145.494 contre 9.848.743). Ce chiffre est à mettre en perspective avec le nombre croissant d’heures d’accès à Internet, offertes au public chaque  semaine par l’ensemble du réseau, et qui passe de 12.376 heures à 14.830 heures.

Si le nombre de prêts est en baisse, le nombre d’animations en bibliothèque est lui en nette croissance (+ 12 %). Ce sont en effet 51.105 animations qui ont été menées dans le réseau de lecture publique en 2015 avec une fréquentation totale de ces activités de 820.149 personnes (contre 816.011 en 2014).

4.    L’emploi

En 2015, le personnel des réseaux locaux de la Lecture publique représentait 1.273 équivalents temps plein (contre 1.217 en 2014).

L’édition professionnelle (42 maisons d’édition ont répondu au questionnaire) occupait, en 2016,  au minimum 1.470 travailleurs (tous statuts confondus).

Documentation
Toutes ces informations statistiques sont extraites d’études plus complètes :
Livre : les chiffres clés du secteur, statistiques 2016, Adeb (synthèse)
Le Marché du livre de langue française en Belgique, Données 2016, Adeb
Observation des marchés numériques du livre, Juin 2017, Adeb-Ipsos
Statistiques de production du livre belge de langue française, année 2016, Adeb
Elles sont disponibles en ligne sur lettresetlivre.cfwb.be et adeb.be.
Les chiffres du Service de la Lecture publique sont en ligne sur le site bibliotheques.be.

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