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L’équipe cycliste Wallonie-Bruxelles : un tremplin vers le gratin mondial

Portrait

L’équipe cycliste Wallonie-Bruxelles : un tremplin vers le gratin mondial

L’équipe cycliste Wallonie-Bruxelles est devenue, en quelques années, une structure professionnelle ayant pour vocation de préparer nos jeunes talents à intégrer les plus grandes équipes cyclistes mondiales évoluant dans l’ « UCI Pro Tour ». Rencontre avec le manager de l'équipe, Christophe Brandt, ancien champion ayant évolué dix ans au top niveau.

Comment ce projet a-t-il vu le jour ?
« La première grande étape a été la mise en place du Centre de Formation du Cyclisme Francophone (CFCF) par le Ministre des Sports Claude Eerdekens en 2006, avec le parrainage d’un des plus grands sportifs belges : Eddy Merckx. Cette structure permettait aux athlètes de rencontrer une dizaine de fois par an des spécialistes du cyclisme professionnel afin de bénéficier de leurs conseils. C’est sur cette base qu’a été lancé en 2010 le projet d’une équipe cycliste continentale Wallonie-Bruxelles (voir encadré). Les parties prenantes de ce projet étaient le Ministre des Sports André Antoine, l’Adeps, la Fédération Cycliste Wallonie-Bruxelles et TRW Organisation, une association qui organise, entre autres, le Tour de Wallonie et qui est également le partenaire belge d’ASO, société organisatrice du Tour de France. La présentation officielle de l’équipe continentale Wallonie-Bruxelles s’est déroulée début 2011. »

L’objectif est donc de servir de tremplin pour nos jeunes talents ?
« Précisément ! A l’instar de ce qui réussit très bien chez nos voisins du nord du pays où un tel encadrement professionnel existe depuis plus de 20 ans avec Topsport Vlaanderen. Je suis de ceux qui pensent que le talent n’a pas de frontière linguistique. Nous devons croire en notre potentiel et donner à nos jeunes l’encadrement le plus adéquat possible pour développer leurs qualités. Après trois années d’existence, l’équipe a gagné en professionnalisme et en maturité. Mais également en crédibilité vis-à-vis des organisateurs de courses cyclistes à l’étranger qui nous invitent de plus en plus fréquemment à participer à leurs épreuves. L’équipe Wallonie-Bruxelles compte aujourd’hui 15 coureurs dont la moyenne d’âge est de 25 ans. Ils ont été sélectionnés sur base de leurs résultats, de leurs qualités et de leur mentalité. Parallèlement à cette équipe ‘première’, il a été décidé de mettre sur pied une seconde équipe (« Color Code Bio Wanze ») qui accueille les très jeunes talents (18-23 ans) sous contrat Rosetta via l’Adeps. Le TRW Organisation chapeaute les deux équipes. Nous avons également créé une cellule « Projets de vie » qui propose des formations pour la suite de leur carrière (cours de langue, de gestion, d’économie, …). »

Quel est votre parcours personnel ?
« Après des études en marketing, j’ai eu la chance de pouvoir signer, à 21 ans, un contrat de coureur professionnel chez Saeco. L’année suivante, j’intégrais l’équipe Lotto, un des top-team mondiaux, où je suis resté dix ans. J’ai participé, notamment, à 6 Tours de France, 4 Tours d’Italie et 2 Tours d’Espagne. Ce fut une période extraordinaire à plus d’un titre, faite de hauts et de bas. Je n’en garde que les bons souvenirs malgré une très grave chute en 2006… C’est fin 2010 que je raccroche définitivement le vélo mais en gardant la passion intacte et surtout le désir de transmettre mes acquis aux nouvelles générations. Et c’est grâce au sponsor de l’équipe, Lotto, que j’ai rencontré une grande figure du cyclisme wallon : Yves Vanassche, Directeur général adjoint à la DG Sport (Adeps) avec qui nous avons décidé de monter ce projet d’équipe. »

Que retenez-vous de votre expédience au plus haut niveau ?

« Tout d’abord, que je n’étais pas un grand champion (il faut savoir le reconnaître) mais surtout qu’au plus haut niveau, rien n’est laissé au hasard ; chaque détail a son importance. J’ai également appris que la discipline, la rigueur dans les entrainements, l’hygiène de vie et la détermination sont des facteurs-clés dans la réussite et la longévité d’une carrière. Aujourd’hui, j’utilise toute cette expérience avec les jeunes dont je m’occupe. Nous travaillons avec la structure du TRW Organisation ; le dynamisme et le professionnalisme d’Yves Vanassche et de son équipe sont pour beaucoup dans ce que nous avons réussi à mettre en place. En 2011, la disparition tragique de son fils, François, a été un coup très dur pour tout le monde. Cette équipe, c’était aussi son projet. Nous sommes fiers aujourd’hui de poursuivre ce qu’il a contribué à construire… »

Parlez-nous du programme de l’équipe, de son organisation ?
« Nous participons à environ 80 épreuves par an, ce qui correspond à 120 jours de course. Nous avons un excellent état d’esprit au sein de l’équipe - les stages de préparation, les mises au vert (team building) et toutes les courses sont autant de moments qui fédèrent le groupe et améliorent sa cohésion. »

Que répondez-vous à ceux qui estiment que les deniers publics ne devraient pas financer une équipe cycliste ?
« D’abord, je voudrais préciser que le budget est composé à 50 % de subsides publics et à 50 % de partenariats avec le privé. Ensuite, n’oublions pas que le cyclisme est le seul sport dans lequel les spectateurs ne doivent rien payer pour assister aux courses. Enfin, et c’est pour moi le plus important, nous préparons ces jeunes pour qu’ils puissent, à terme, vivre de leur passion et accéder à leur rêve. Ils doivent comprendre et accepter que le haut niveau rime avec rigueur et sacrifices. C’est également mon rôle de les recadrer de temps en temps car les distractions sont plus nombreuses aujourd’hui qu’à mon époque (réseaux sociaux, etc.). »

Quelles sont les ambitions de l’équipe pour l’avenir ?
« Nous voulons absolument conserver ce rôle de formation pour nos espoirs, de tremplin vers des équipes du gratin mondial. C’est notre raison d’être. Parce que nous sommes convaincus qu’il y a assez de talent en Wallonie et à Bruxelles pour briller sur la scène internationale. Mais restons lucides et réalistes, nous ne dénicherons pas un Philippe Gilbert chaque année ! Travailler avec des jeunes coureurs motivés et leur transmettre quelque chose. Voilà ma priorité. Les aider à devenir meilleur constituerait déjà un succès. »

On vous sent fier de votre équipe, de vos coureurs…
« En effet, j’ai la modestie de croire qu’on travaille dans le bon sens et que ce projet, que cette équipe, que ce groupe peut, avec le soutien de tous nos partenaires et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, aller très loin… Les résultats sont là pour le démontrer. C’est une formidable aventure humaine et je suis fier de pouvoir en faire partie. »

Le cyclisme pro, comment ça marche ?

Une équipe continentale est une équipe cycliste sur route qui participe à des épreuves du calendrier international. Elle est enregistrée auprès de l'Union cycliste internationale et reconnue et certifiée par la fédération nationale. Cette catégorie d'équipe cycliste existe depuis la réforme de l'Union cycliste internationale de 2005 créant l'UCI ProTour et les circuits continentaux. Deux autres catégories d'équipes sont issues de cette réforme : les équipes ProTour et les équipes continentales.


Quelques chiffres-clés
L’équipe cycliste Wallonie-Bruxelles, c’est…
- 33 personnes dont...   
o 15 coureurs
o 1 Directeur général
o 1 Manager
o 2 Directeurs sportifs
o 1 entraîneur
o 1 médecin
o 4 mécaniciens
o 4 soigneurs
o 4 membres du personnel administratif
- un budget annuel de 1,2 millions € ;
- 120 jours de course par an ;
- 25 partenaires/équipementiers/fournisseurs
- 2 stages de mise au vert par an, en Espagne.

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