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L’ARES, pilote de notre enseignement supérieur

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L’ARES, pilote de notre enseignement supérieur

Créée en janvier 2014 avec le décret « Paysage », l’ARES (Académie de recherche et d’enseignement supérieur) réunit quelque 125 établissements d’enseignement supérieur de Wallonie et de Bruxelles. Pour mieux comprendre l’apport de cette nouvelle organisation dans la gestion de notre enseignement supérieur, rencontre avec Julien Nicaise qui assure le pilotage de l’ARES.

Quelles sont les raisons qui ont motivé la création de l’ARES ?

Julien Nicaise : sans être pour autant parfait, notre système d’enseignement supérieur fonctionne relativement bien mais a longtemps souffert d’un manque de cohérence. En Fédération Wallonie-Bruxelles l’enseignement supérieur compte 6 universités, 20 hautes écoles, 16 écoles supérieures des arts et une petite centaine d’établissements d’enseignement supérieur de promotion sociale. Ces quatre formes d’enseignement avaient chacune par le passé leur propre structure faitière. Ces structures, qui ne se parlaient pas ou peu, sont aujourd’hui intégrées dans l’ARES. 

Le premier but visé est donc d’obtenir davantage de cohérence dans la gestion de notre enseignement supérieur ?

Tout-à-fait. Le mot cohérence est vraiment le mot fondamental. Il y a aujourd’hui une plus grande cohérence, un plus grand dialogue et, d’office, une plus grande transparence en la matière. Désormais, les acteurs de l’enseignement supérieur se parlent et développent des projets et des prises de position entre eux. L’autre mot fondamental, c’est la saine concurrence. Nos établissements d’enseignement supérieur font jouer une certaine forme de concurrence, notamment pour attirer les étudiants. La réforme n’a pas vocation à supprimer cette concurrence, mais à la réguler au travers de l’ARES, à faire en sorte qu’elle ne devienne pas exagérée ni contreproductive.

Quel est le rôle principal de l’ARES ?

Le décret « Paysage » a confié à l’ARES pas moins de 25 missions légales ! Nous sommes là par exemple pour garantir la cohérence de l’offre d’enseignement. Pour recenser et promouvoir des bonnes pratiques, par exemple dans la gestion durable des campus, ou pour faire réaliser des recherches sur l’enseignement supérieur. L’ARES intervient aussi sur le plan de l’international, où nous contribuons à asseoir la place de nos établissements sur deux aspects : leur visibilité internationale et la coopération au développement. En termes plus institutionnels, l’ARES exerce une importante compétence d’avis. Le gouvernement doit solliciter officiellement son avis sur l’ensemble des politiques en matière d’enseignement supérieur, comme il pouvait le faire par le passé avec les anciennes structures faitières. Mais avec la différence notable que l’avis de l’ARES est un avis commun, porté par les quatre formes d’enseignement supérieur, et solide, sur les politiques que le gouvernement entend mener dans le domaine ou sur des propositions que les acteurs souhaitent voir mises à l’agenda politique. 

Comment l’ARES fonctionne-t-elle concrètement ?

L’ARES est un organisme d’intérêt public, un « OIP ». L’ARES dispose de son propre Conseil d’administration et n’est pas sous l’autorité directe de ses ministres de tutelle. En plus du fait de réunir nos quatre formes d’enseignement supérieur, la deuxième grande originalité de l’ARES tient à son Conseil d’administration, composé pour 60 % des représentants des établissements, pour 20 % des représentants des étudiants et, pour les 20 % restants, des représentants des travailleurs, des enseignants et du personnel administratif. 

Quels seront vos principaux chantiers dans les deux prochaines années ?

Une première priorité est de continuer à asseoir l’ARES, non seulement dans son rôle d’avis, mais aussi dans son rôle de force de proposition. Nous devons non seulement réagir à l’agenda politique, mais aussi être une force proactive. Un deuxième grand chantier concerne le suivi statistique des étudiants et de leur parcours car la Fédération Wallonie-Bruxelles est très en retard dans ce domaine. C’est une des 25 missions que le décret « Paysage » a confié à l’ARES. Elle se concrétise en ce moment même par un vaste projet d’informatisation mené en collaboration avec les établissements. Il offrira aux responsables des outils de pilotage stratégique performants pour l’enseignement supérieur et au citoyen la possibilité de consulter en ligne son parcours de formation individuel sur une plateforme unique. 

Après deux ans de fonctionnement, quels sont les résultats les plus significatifs que vous mettriez en avant ?

En première place : la visibilité de notre enseignement supérieur au niveau international. C’est vraiment quelque chose qui n’était pas suffisamment développé chez nous. Aux États-Unis, en Chine ou ailleurs, on ne connait pas toujours bien nos établissements. La plus-value de l’ARES à l’international est de pouvoir incarner l’ensemble des institutions belges francophones et « d’ouvrir des portes », comme tout dernièrement en Corée du Sud. C’est beaucoup plus parlant, beaucoup plus porteur. J’insisterais aussi sur l’influence que le secteur peut désormais avoir sur la politique du gouvernement. On peut regarder le verre à moitié vide ou à moitié plein. Moi, je le vois à moitié plein. Voyez par exemple le refinancement de l’enseignement supérieur que nous avons obtenu. Certains diront, lorsque l’ARES critique telle décision du gouvernement ou lorsqu’elle pousse dans une certaine direction, qu’on n’est jamais entendu qu’à moitié. Je leur réponds si l’ARES n’était pas là, ils ne seraient pas entendus du tout. Avec ce rôle de concertation de l’ARES, comme à l’étranger, le secteur peut être encore plus visible et, chez nous, il peut avoir plus de poids auprès de nos décideurs.

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